Mais le pire. LE PIRE. C’est que ça se ferme presque aussi bien que les cuisses de n’importe quelle actrice de Gossip Girl.
Non, en fait j’en sais rien, j’ai regardé qu’une fois et j’ai dû ramasser des bouts de cerveau qui avaient coulé par mon oreille, ce qui a un peu détourné mon attention, j’avoue.
Bref. Les cabines qui ferment pas.
J’ai pu expérimenter la chose y’a quelques jours, samedi pour être précise, lorsqu’encore traumatisée par l’achat d’un jean slim la veille, j’ai décidé de chercher des pull-robes pour cacher le département qui me sert de cul.
Et sachez qu’à parler de département, je penche plus vers la Gironde (10 000 km²) que vers le Territoire de Belfort (609 km²).
Je me suis donc rendue, après ma séance d’aquagym et la tentative d’achat d’un second maillot de bain à vocation sportive, dans la galerie commerciale à côté de chez moi.
Premier magasin. Premier passage aux cabines. 2 pulls, une jupe. La jupe me va. Je sors et percute un black qui admire les jeans bootcut. Why not.
Je passe dans un deuxième magasin. J’embarque un jean et 3 tuniques. Et là, lorsque je suis en petite culotte et soutif, je vois, par un bout de jour dans le rideau de ma cabine, le black du magasin d’avant, qui traine dans les allées des cabines d’essayage EXCLUSIVEMENT féminines de ce magasin.
Et bizarrement, sa tronche me dit quelque chose.
Je veux dire, au-delà du fait de lui être rentrée dedans y’a même pas 15 minutes.
Y’a un gigantesque V-I-O-L-E-U-R-E-N-S-E-R-I-E qui apparait en surbrillance dans mon cerveau. Ou alors c’était juste le reflet du panonceau -70% qui m’a aveuglée, j’hésite encore.
Reste qu’à partir de ce moment-là, le doute me suit, ainsi que le black chelou. Dans 2 autres magasins.
Faut dire, je peux comprendre ce très sympathique stalker, à ce moment précis, je suis au top de moi-même, cheveux plats, encore mouillés, pas de maquillage, une tenue pratique pour un rhabillage facile après la piscine mais donc super moche à porter…
Ouais voilà, un truc comme ça quoi, rien de plus ni de moins.
Il me suit, donc, dans 2 autres boutiques. Puis plus rien, je le perds de vue dans le dernier magasin de mon circuit. Je me détends et chope mon HTC dans ma poche pour twitter une info capitale du genre « lol g fayi me fèr violé tsé tavu ». Puis j’ai préféré partir vers un tweet un peu plus inspiré et documenté.
Les smartphones, ces monstres des temps moderne. J’allais googliser à quelle distance j’étais d’Evry (dernier endroit où le violeur en série aurait été vu) lorsque les actus m’ont sauté aux yeux.
Le méchant monsieur avait été repéré la veille non pas à Evry, mais à Aubervilliers.
GE-NIAL.
J’en étais à ronchonner sur le passage de 60 à 15 km de la proximité d’un violeur en série par rapport à mon chez-moi tout en sélectionnant une paire de mitaines lorsqu’un vendeur m’a lancé un bonjour.
J’ai pas levé les yeux et ai répondu spontanément.
Le drame.
J’allais choisir les mitaines blanches.
Ah oui, l’autre drame, c’est que c’était pas du tout un vendeur qui me parlait. C’était le black.
L’avait une voix aussi chelou que sa gueule. A ce niveau on peut parler de cohérence globale.
Il s’est approché. Il m’a demandé mon prénom.
Peu habituée à me faire courtiser par un potentiel tueur multirécidiviste, j’ai bêtement répondu au lieu de faire ce que toute femme sensée aurait fait : hurler à la mort en frappant l’odieux personnage de cette hideuse paire de mitaines blanches.
Du coup, vachement inspiré, il m’a demandé où je vivais, ce que je faisais dans la vie, ce à quoi je répondais systématiquement que j’étais en retard. OUAH. Mais où est donc ce sacré sens de la répartie quand on en a besoin ?
Pas désarçonné, le black me demande mon numéro pour discuter tranquillement lorsque je ne serai plus poursuivie par le temps. Et là je percute que plus il parle, plus il avance, plus je recule, comment veux-tu, comment veux-tu que l’on s’enfuie de ce petit coin de magasin où il m’a emmenée ?
Puis enfin, une espèce de blogueuse mode soupirera un gros « pardooooon pffff » pour avoir accès aux chapkas derrière moi. Décontenancé par l’outrecuidance de cette parisienne mal dégrossie, le black reculera un peu. J’en profiterai pour fuir aux caisses et payer vite-fait mon sweat universitaire et ma paire de mitaines couleur taupe.
Ce qui m’a sauvée ? Le 800 mètre haies que je me suis tapé pour rejoindre ma Pépète alors que le black sortait rapidement – lui aussi – du magasin.
Ou alors, selon les actus, le fait qu’il ne viole que des blondes aux yeux bleus.
Ce qui me parait parfaitement improbable, on est d’accord. Personne ne peux me résister. Tout simplement.
Voilà. Les cabines d'essayage fermeraient mieux, je n'aurais jamais suspecté ce pauvre homme et serais peut-être actuellement la première page du Monde.
Quelle déception.
On vit dans un monde de grands tarés, quand même.




5 gueux qui papotent:
Après la rue des branleurs dis-donc...
T'as pensé quand même à donner son signalement ? (enfin pas sur le moment, j'ai bien compris que t'étais stressée tout ça...)
N'empêche, à l'avenir, AVERTIS QUELQU'UN !!! N'importe qui, signale-le, un employé, un vigile, une vendeuse d'essayage !!!
J'y ai pensé après coup.
Parce que bon, je sais pertinemment qu'il n'a rien à voir avec le violeur en série là, hein, mais ça n'en reste pas moins un mec qui se balade dans les cabines d'essayage des gonzesses...
P'têt juste qu'il t'a trouvée à son goût, banane.
Maintenant c'est nettement moins vendeur comme titre "Le grand black qui m'a demandé ma main au rayon lingerie" :P
A son goût ? En la suivant dans différents magasins, dans les cabines d'essayage féminines ?
Ouais effectivement... Maintenant, je suis pas sûr de la netteté sereine d'une demande de RdV...
Oui voilà, le mec n'aurait pas été un stalker chelou, ça aurait été bien moins dérangeant, dans l'absolu ^^
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