samedi 14 janvier 2012

2012, année de la lose.

Après avoir jeté un premier pavé dans la mare en crachant sur le romantisme, laissez-moi à nouveau me faire haïr de tout mon entourage en bafouant un phénomène de société, de religion, de commerce et de famille : Noël.

Noël, c’est pour les connards et les putes.



Non, je déconne.

Allez, je fait mon coming out. J’aime Noël.


Comment ça je suis pas crédible ?

Si si, je vous assure, dans mon fond, j’aime bien les fêtes de fin d’année. J’aime voir les gens remplis de joie et de magie, voire même parfois d’une certaine hystérie un peu flippante, quand même.

Tu as acheté tes cadeaux ?
Mais… on est le 2 septembre…
IL N’EST JAMAIS TROP TÔT POUR CA.

4 mois plus tard :

J’ai viré mon sapin.
TU AS VIRE TON SAPIN ???
Bah… oui… j’en pouvais plus d’avoir le chat qui se…
HERETIQUE ! Pas avant l’Epiphanie ! J’espère que tu n’as pas encore mangé de galette ?
Si ! Une délicieuse à la…
TU BRULERAS EN ENFER.

(oui, j’ai des collègues très équilibrés.)

Je ne vous cache pas que ça requiert pour moi un certain effort. Celui de faire fermer sa gueule à la cynique qui forme 75% de ma personnalité, pour laisser la place aux 4% de gamine émerveillée bien planqués sous les autres 37% de personnalités multiples.

(oui, ça fait 116%)(vous ne voulez même pas chercher à comprendre les méandres de mon esprit malade.)

Mais de manière générale, même si j’y mets toute ma bonne volonté, mes fêtes ne se passent jamais comme prévu.


Déjà, j’ai réussi le miracle de me faire plaquer un 23 et un 31 décembre. Avouez que ça n’aide pas forcément à aimer les fêtes.

(je suis au taquet, on est bientôt à mon anniversaire, je sais que c’est une date à risque, du coup.)

En plus, lorsque j’étais gamine, mes parents bossaient énormément. Mon père avait un métier lui demandant d’être quotidiennement sur les routes, pour visiter ses clients. Pas de réels jours de repos. Pas de Noël. Pas de Nouvel An. Ma mère, de son côté, était caissière. Et si maintenant elle quitte son travail à 18h30 dernier délai pour m’aider à tout préparer, à l’époque elle n’avait pas son poste actuel et faisait la fermeture du magasin.

24 décembre. 31 décembre. Hanyo, 8 ans, seule chez elle. 20h45. La table est mise. Les toasts sont prêts. J’attends assise derrière le sapin, seul endroit d’où je peux avoir une vue sur l’entrée de la résidence. J’attends là depuis 2h. Mon père n’a pas d’horaires fixes. Il peut rentrer à 18h comme ça ne peut être qu’à 23h. Ce soir, ce sera 21h30. Ma mère ne sera rentrée que depuis une demi-heure. Moi, épuisée par la cuisine (oui, à 8 ans.), je m’endormirai à 22h30. J’aurai contemplé la joie d’être enfin à la maison dans les yeux de mes parents, j’aurai mangé un peu de surimi, et j’aurai ouvert mes nombreux cadeaux. Tentative désespérée de mes parents pour que je ne sois pas triste d’avoir attendu seule si longtemps.

sinon, j’ai eu une enfance à priori parfaitement équilibrée hein.


Ouuuuuh yeah, sortez les mouchoirs, mes réveillons de Noël et du Jour de l’An ont été comme ça pendant près de 10 ans. Ensuite, ça a pris une autre tournure. Tournure toujours d’actualité, d’ailleurs.

Ma mère rentre à 18h30, donc. Mon père, qui est son propre patron maintenant, prend sa journée. A 18h15, je commence à sortir tous le matos nécessaire à la confection de bons petits toasts. Je dirigerai cette cuisine d’une main de maître, un peu en mode Gordon Ramsay vous chie tous à la gueule. Lorsque j’en sortirai, à 19h30, mon père commencera à se plaindre du fait qu’il y a trop à manger (alors qu’on sait TOUS que personne ne le force à s’envoyer 75% des toasts). Viendra ensuite le délicat moment de la sélection du programme TV. Mon père ne supporte pas de ne rien faire. Sa journée à faire le zombie devant la télé l’aura passablement rendu agressif. Ma mère est latine, volcanique. Devant tant de mauvaise volonté de la part de mon père, elle l’engueulera. Et la soirée se terminera à 21h30, mes parents faisant la gueule, moi étant complètement démotivée par la masse de vaisselle attendant dans la cuisine, et un peu à cran, oui, reconnaissons-le.

(on ressort un peu les mouchoirs ou pas ?)

Attendez…

Comment se fait-il que j’arrive encore à aimer les fêtes de fin d’année lorsque je vis ce genre de soirées alors qu’en fait, je n’aspire qu’à ça :

Papa Noël, tes cadeaux ont toujours été une déception.


Comment se fait-il que j’arrive encore à aimer les fêtes de fin d’année alors que je suis bien plus juive que chrétienne ?


Comment se fait-il que j’arrive encore à aimer les fêtes de fin d’année alors qu’en toute honnêteté, tout se passerait bien mieux si j’improvisais ces soirées avec mes parents genre le 23 avril ou le14 septembre ?

Noël. Jour de l’An. C’est de la merde.

J’aurais dû écouter Dexter. Quand il ne fait pas allusion 20 fois par phrase à son Dark Passenger, il a une certaine logique.


L’année prochaine.

Croyez-moi.

Mon Noël sera fun ou ne sera pas.


Bref... Bonne année 2012 à tous. Profitez bien de cette dernière année avant la fin du monde, hein.


4 gueux qui papotent:

{_Ange_} a dit…

Je peux te faire un câlin Topine de mon Coeur ? <3
Nan mais tu sais, Nowel, Nouvellant, Toussa ... C'est surfait hein ^^

Mais si tu veux un câlin chuis là :P

Hanyo a dit…

Owiii, câline-moi !

(non mais sérieusement, à me relire, ça fait vachement Cosette, alors que pas du tout hein !)

Chombatta a dit…

Bon, donc je recommence mon commentaire...

#fuck

Oui donc, on imagine bien en lisant ton billet que t'aurais aimé vivre cette magie de Noël. Et tu as raison. Mes meilleurs souvenirs d'enfance sont basés dessus.

Après, vivre Noël étant adulte, ça dépend de comment tu t'entends avec ta mifa...

Avec la notre, Nym et moi, ça passe pas trop mal. (même si je fuis les réunions complètes de la famille de Nym le lendemain...)(m'ont vu une fois.)(mais ils connaissent pas ma schizo aussi)

Menfin, ce qui compte, et tu dois t'en rendre compte avec cette ambiance particulière de fêtes qui approchent... C'est la magie que toi tu ressens...

En ayant eu certains Noël pourris, ça ne m'a pas empêché de ressentir cette petite magie étrange...

Parce que j'ai eu des jolis Noêl enfant ? Peut-être, je ne sais pas...

Mais cette magie, c'est clair, j'ai pas envie de la priver au choupinou...

Et puis... Rêver... Même adulte... En ignorant le côté commercial (bien sûr) de s'offrir des trucs (nous, on s'offre quasi rien, sauf pour le gamin).

Rêver quoi... Voir ça dans les yeux du gamin...

Ben j'aime vraiment cette fête ;)

Hanyo a dit…

Je m'entends très bien avec mes parents, mais ce sont 2 personnes trèèès caractérielles qui aiment aller à contre-sens de tout.

Donc, ils raffolent pas de Noël, ou du moins s'acharnent à donner cette idée.

Et du coup, chaque Noël, chaque jour de l'an, est un perpétuel recommencement d'ambiance de merde :D

(mais je m'en fous, un jour, je les aurai.)